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L’article a pour but de décrire les problématiques auxquelles va devoir faire face Swen Mary dans le cadre de son rôle d’avocat de Salah Abdelsam.

L’article ne doit pas juger Swen Mary mais décrire la pression médiatique à laquelle il va devoir faire face lorsque l’opinion publique a d’ores et déjà jugé son client.

Droit

Swen Mary, l’étoffe du héros

Les français l’ont découvert quand il a pris en charge la défense de Salah Abdelslam. Il était déjà bien connu de l’autre côté de la frontière, en Belgique francophone comme en Flandre néerlandophone. Le véritable héros du procès qui commence aujourd’hui, à Bruxelles, aux côtés d’un accusé muet, ce sera bien l’avocat pénaliste Swen Mary.

Swen Mary, a 46 ans, le regard bleu, le crâne rasé et « le dos large ». En voyant la force de caractère qui se dégage de sa personne, on comprend qu’il n’est pas du genre à se laissé impressionner, et qu’il mènera à bien sa mission d’avocat de la défense sans faillir.
Est-ce l’esprit joueur d’un ancien footballeur ? Swen May est un fin procédurier qui n’hésite pas à faire durer les procès. Il n’ aime rien tant que chercher les failles à exploiter dans les règles et procédures. Dés l’annonce du transfèrement de Salah Abdelslam aux autorités françaises, il avait annoncé son intention de porter plainte contre le procureur Molins pour violation du secret de l’instruction, au cous d’une conférence de presse.
Ce procès prévu pour décembre a déjà été ajourné.

« Le désir de punir » exprimé par l’opinion publique à la suite des attentats des 13 novembre 2015, à Paris, n’est pas de mise dans le procès de Bruxelles. Salah Abdelslam comparait en compagnie de Sofien Ayari, pour une fusillade qui a eu lieu avec les forces anti-terroristes, le 15 mars 2016 dans la banlieue de Bruxelles. Fusillade au cours de laquelle, leur complice Mohamed Belkaïd a été abattu, et quatre policiers blessés.

Les deux accusés doivent répondre de « tentative d’assassinats de policiers dans un contexte terroriste » et « port d’armes prohibé ». Rien de plus. Les évènements de Paris sont hors sujet à Bruxelles. Mais ça se complique avec l’association V-Europe ( regroupant les victimes des attentats du 22 mars à l’aéroport de Bruxelles ) qui s’est récemment portée partie civile.

La défense de TOUS les accusés, l’honneur de l’avocat pénaliste :

En Belgique, Swen Mary a gagné le surnom « d’avocat des crapules » pour avoir conseillé Fouad Belkacem ( à la tête du groupuscule islamiste Sharia4Belgium ) ou Michèle Lelièvre, la compagne de Marc Dutroux.
Mais la défense « des crapules » est la raison d’être des avocats pénalistes. Ils font entendre la part d’humanité, qu’il y a en tout criminel. Swen Mary déclare vouloir combattre l’arbitraire et les abus de pouvoir.
Récemment, à l’occasion du procès d’Abdelkader Merah, nous avons vu en France, les foudres qui se sont abattues sur un autre ténor du barreau. Maître Dupont-Moretti, aguerri et endurant, était presque décontenancé par tant de haine. Insultes, menaces de mort adressées à lui et sa famille.
Bien qu’habitué des procès médiatiques, Sven Mary, va être au cœur de la tempête. assailli par les médias, mais surtout pris à parti par la foule. « Il faut absolument que les gens fassent la part des choses. Je leur demande de ne pas faire d’amalgame. Je ne le demande pas pour moi mais pour mon entourage, ma femme et mes enfants, qui n’ont pas à souffrir de mes activités. » a déclaré l’avocat à un journal belge.
Refuser à un prévenu, le Droit à une défense digne de ce nom reviendrait à renoncer à la civilisation, et accepter la victoire de la barbarie portée par les terroristes, a conclu Maître Dupont-Moretti à l’issue du procès Merah.