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Article de blog de 700 mots sur le surmenage.

Bien-être

Sisyphe à l’époque 2.0

Une vie de dingue.

Du surmenage ou burn out.

Nous avons des vies bien remplies. Pour rien au monde, nous ne renoncerions à ce métier pour lequel nous avons longtemps étudié et que nous adorons.

Nous finissons tard et pourtant nous rentrons chez nous avec des dossiers en cours plein la tête.
Nous sommes dingues de nos enfants avec lesquels nous n’avons jamais suffisamment de temps à passer. Nous leur accordons autant de temps que possible et pourtant nous culpabilisons, nous avons le sentiment de ne jamais en faire assez. Nous tâchons de caser un rendez-vous épilation à l’heure du déjeuner, et d’emmener l’aîné chez le parodontiste après le bureau. Nous remettons le traitement du courrier au week-end, et nous nous sentons débordées dés qu’il faut nous faire une omelette.
Bref, nous cherchons désespérément DU TEMPS ! alors oui, il y a les RTT ! mais nous concentrons sur ces jours tellement de corvées reportées à plus tard que nous n’en avons jamais assez.
Nos nuits sont toujours trop courtes, d’autant que nous dormons mal et nous levons fatiguées.

Bienvenue dans la réalité des indépendantes en télétravail.

Quand nous travaillons chez nous, c’est pire encore. Nous voudrions mettre le téléphone en mode avion, éteindre l’ordinateur à 18 heures. Résister à l’appel des notifications sur la tablette, mais nous n’y parvenons pas. Parce qu’il faut satisfaire les clients, être à l’écoute, être réactive, parce que la concurrence fait rage et qu’il nous faut plus d’argent, nous ne pouvons pas nous mettre aux abonnés absents.
Désormais, il n’y a plus de frontière entre le lit et le bureau ; et pas davantage d’horaires et de week-ends. Nous bouclons un dossier à quatre heures du matin, et à huit, nous sommes en plein décalage horaire, genre atterrissage à New-york.

A la recherche du bonheur.

A la fin, « le bien-être » est devenu un gigantesque marché qui regroupe des techniques et des produits très divers destinés à traiter le mal-être physique et moral, la fatigue chronique, le manque de sommeil, le dérèglement de notre horloge interne, les sentiments d’échec et de culpabilité.
Le bien-être est une obsession des civilisations occidentales au mode de vie très éloigné du mode de vie ancestral pour lequel notre organisme est programmé. Dans nos sociétés de course à la performance, parfois, nous perdons notre vie à la gagner jusqu’au burn out. Il y a parfois de quoi dire : « Sisyphe c’est moi ».
Pas étonnant dans ces conditions que de jeunes ingénieurs informaticiens se reconvertissent dans l’agriculture avec plus ou moins de bonheur, tandis que des éleveurs à bout de nerfs se suicident ; que des policiers craquent et que des consultants jettent l’éponge.

Comment lever le pied avant qu’il ne soit trop tard ?

Nous devons tout de même nous poser la question de notre qualité de vie dans cette douce France où, en principe, nous prenons encore le temps de manger autour d’une table.
Certains employeurs ont pris le problème en mains en nommant des « responsables du bonheur  » et en réaménageant leurs bureaux pour offrir à leurs collaborateurs des services et des conditions de travail plus propices à leur épanouissement.

Trouver sa voie.

Il n’y a jamais de recettes miracles valables pour tous. La diversité des offres de bien-être correspond à la diversité des individus et de leurs besoins.
Il y en a même que la pression stimule, qui ont besoin d’hyperactivité comme d’une drogue, qui ne se sentent bien qu’en vivant à 200 à l’heure.
On trouve parfois sa voie très tard dans la vie, après diverses expériences. Il ne faut pas renoncer à la chercher. En attendant, question de survie, nous pouvons tenter le psy, les massages, le yoga, et même la poudre de perlimpinpin ou encore les injections de vitamines.
A tout ce qui remplit nos vies du matin au soir, n’ajoutons pas une culpabilité superflue. Répétons-nous « qu’à chaque jour suffit sa peine » Ça fait du bien ! Et n’allons pas nous persuader que nous avons des kilos à perdre. Pitié pour nous ! il ne nous servirait à rien de ressembler à Kate Moss. N’allons pas nous priver de croque-monsieur, d’un burger de chez Big Fernand, d’un éclair au yuzu ou d’un mojito sous prétexte que manger du sucre, c’est très mal. Le plaisir, y a que ça de vrai !
Tout simplement, nous devons appréhender la satisfaction que nous trouvons, malgré tout, dans nos vies de dingues. Bienheureuses que nous sommes ! Les chômeuses envient certainement nos trop courtes journées et notre surmenage.
Tout le monde n’a pas la chance comme Marcel Proust de « se coucher de bonne heure » ! Surtout que nous ne saurions pas, comme lui, voyager dans notre chambre et convoquer nos souvenirs pour fabriquer un monde.